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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/38

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que si, par le bruit de leurs armes et leurs hauts faits, « ils soutiennent l’État, d’autres, par leur sage économie, par leur fidélité et leur attachement au bonheur du pays, ne méritent pas moins l’attention du corps législatif… »

En conséquence de ce second considérant, une sucrerie fut accordée à Imbert, et le Président d’Haïti fut chargé de la désigner et de lui en délivrer le titre[1].

Cette dernière décision était aussi juste que la première. Dans un pays où le régime militaire avait toujours dominé les institutions civiles, où il était encore assez prédominant, il était convenable de faire comprendre à l’armée, aux officiers de tous grades, qu’ils n’étaient pas les seuls qui rendissent des services réels à l’État ; et par là, le sénat posait un principe de rémunération en faveur de tous les fonctionnaires de l’ordre civil.

Le sénat ayant adressé la loi à Pétion, il répondit le 10 novembre à son message : « Je les accepte avec reconnaissance, citoyens sénateurs, et je n’y attacherai de prix que parce qu’elles me viennent de la bonté de mes concitoyens, et qu’elles seront un souvenir de leur approbation des services qu’ils croient avoir été rendus par moi à la patrie. »

Si l’année 1811 avait été en déficit financier, celle de 1812 ne pouvait pas avoir un autre résultat, après le siège que subit le Port-au-Prince. Cette dernière présenta 279,187 gourdes de recettes, et 306,287 gourdes de dépenses. En 1811, on avait eu recours à un expédient pour avoir une monnaie locale, et elle avait été contrefaite par le peuple : de là l’idée d’en fabriquer une

  1. Ce fut l’ancienne sucrerie Laval, près de l’Anse-à-Veau, la même que Gérin avait eue à ferme.