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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/374

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avec quelle courtoisie ils avaient été reçus à la Jamaïque ; et le 5, le président adressa au sénat un message pour lui faire part de ces particularités et des dépêches qu’il avait reçues.

En même temps que ce garde-côtes se rendait à Port-Royal, une autre mission prenait la voie de terre pour se rendre à Santo-Domingo, auprès du gouverneur pour l’Espagne de la partie de l’Est d’Haïti. C’était le colonel Ulysse, aide de camp du président, accompagné du capitaine Chéri Archer, des chasseurs à cheval de la garde, qui était porteur de la dépêche par laquelle le Président d’Haïti donnait l’assurance au gouverneur, de son intention d’observer les rapports préexistans de bon voisinage, et que les naturels de cette partie de l’île pouvaient continuer leur commerce avec la République, en toute sécurité. Accueillis également avec égard et distinction, les envoyés revinrent bientôt, porteurs d’une réponse favorable.

Ces deux missions furent dictées par une sage politique. À l’extérieur, elle maintenait la République dans une excellente position, à l’égard de la puissance qui faisait tous ses efforts auprès des gouvernemens européens, pour faire cesser la criminelle traite des noirs, et dont le concours indirect avait contribué à préserver Haïti d’une invasion de la France. À l’intérieur, cette politique jalonnait pacifiquement la route que, quatre années après, notre armée devait parcourir pour aller planter le drapeau haïtien sur la Tour de la ville des Colombs.

La mémoire du chef auguste dont on suivait alors la pensée si prévoyante, réclamait un acte national pour consacrer les services qu’il avait rendus à son pays. Le 16 avril, la première proposition que fit le président