Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/373

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nement de son pays, Boyer jugea qu’il était convenable de faire une démarche auprès des autorités supérieures de la Jamaïque, représentant la Grande-Bretagne dans le voisinage d’Haïti, afin d’entretenir de bonnes relations avec elles, par l’assurance qu’il leur donna, que le commerce de cette puissance continuerait, comme sous Pétion, à être considéré et protégé, étant celui d’une nation amie.

En conséquence, le 16 avril, le brig de l’État le Philanthrope, commandé par Juste Lafond, partit du Port-au-Prince et se rendit à Port-Royal. Le colonel Lerebours, aide de camp du président, accompagné du chef de bataillon du génie Lechat fils, fut chargé de dépêches adressées au duc de Manchester, gouverneur général, et à Sir Home Popham, amiral de la station. Ces deux autorités accueillirent parfaitement les envoyés du Président d’Haïti et la notification qu’il leur fit de son avènement. Elles lui répondirent qu’elles allaient transmettre au gouvernement britannique l’expression des sentimens du nouveau chef de la République ; et elles témoignèrent elles-mêmes l’espoir que les sujets de la Grande-Bretagne se conduiraient toujours, de manière à mériter la protection qui leur était promise comme par le passé[1].

Le 2 mai, le Philanthrope rentra au Port-au-Prince avec les envoyés haïtiens, qui se plurent à dire à chacun,

    ville éprouvent souvent pour avoir l’eau des fontaines publiques, et voulant aussi remédier aux causes qui, depuis longtemps, altèrent la qualité de celle qu’on en reçoit, etc. »

  1. Soit en entrant à Port-Royal, soit en sortant de ce port pour retourner à Haïti, Juste Lafond lit une manœuvre dont l’habileté prouva sa capacité comme marin et lui valut les complimens des officiers anglais. Le Philanthrope fut visité par eux, et ils adressèrent des éloges à son brave commandant, pour la propreté et la belle tenue du navire, pour la discipline qui régnait parmi son équipage. Nos marins firent eux-mêmes respecter le pavillon national, par leur attitude et la décence qu’ils montrèrent durant leur séjour à Port-Royal.