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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/359

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funt. De ses quatorze membres, il y en avait onze présens à la capitale[1]. Le sénateur Larose était d’abord président du comité permanent, et il devint celui du Sénat qui se réunit dès qu’on reconnut que la maladie de Pétion s’aggravait.

Ses collègues et lui, ayant appris que le général Boyer avait invité les généraux Lys, Borgella et Francisque à venir promptement au Port-au-Prince, — peut-être après avoir pris l’avis des sénateurs et des grands fonctionnaires, — ils convinrent entre eux, après le trépas de Pétion, d’attendre l’arrivée de ces généraux pour procéder à l’élection présidentielle. Larose fut celui qui fit prendre cette résolution, parce qu’il est certain qu’il désirait voir nommer le général Borgella en remplacement de Pétion, et qu’il n’avait pas une grande estime pour le général Boyer.

Mais le 30 mars, dans la soirée, aucun des généraux appelés n’était encore rendu à la capitale. Le fait est, que les lettres du général Boyer, expédiées le 27, à 11 heures et demie de la nuit, ne parvinrent à Lys et à Borgella, que le 30 au soir, sans doute par le retard que mirent les dragons porteurs de ces dépêches ; et ils ne se mirent en route que le 31 au matin, l’un du Petit-Trou, l’autre de Cavaillon.

Pétion n’ayant pas usé de la faculté que la constitution lui donnait, de désigner son successeur par une lettre autographe, quoique ce fût au Sénat à l’élire, il était tout naturel que l’opinion des citoyens et de l’armée sur-

  1. C’étaient Panayoty, Lamothe, J.-B. Bayard, N. Viallet, Éloy, Simon, Hogu, Obas, Gédéon, Larose et Arranlt. Les absens étaient Hilaire, Degand et Ch. Daguilh. La session législative devait s’ouvrir le 1er avril ; ces sénateurs et la plupart des représentans se rendirent à la capitale quelques jours auparavant.