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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/313

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cœur ulcéré de ce qu’il considérait comme l’ingratitude de celui qu’il croyait son meilleur ami[1]. »

Selon Inginac, même à cette époque si calme, d’autres hommes que le général Boyer frondaient aussi l’administration de Pétion. Cela ne doit pas étonner, car les meilleurs chefs y sont toujours exposés ; et les paroles du président s’expliqueraient alors par la forme du pluriel qu’il aurait employée. Mais, relativement à Boyer, y aurait-il eu erreur ou calomnie de la part de l’ex-Secrétaire général, exilé comme lui, en 1843 ? Y aurait-il eu ressentiment, à raison de ce qu’il a lui-même fait savoir en ces termes, après avoir dit qu’il fut maintenu à cette grande fonction par Boyer, devenu Président d’Haïti ?

« Je n’ignorais pas, comme il est facile de s’en souvenir au Port-au-Prince, et en différens lieux de la République, que le nouveau président avait de fortes préventions contre moi, pendant quelque temps avant la mort de son prédécesseur, et qu’il avait plusieurs fois répété, que j’avais dirigé le président Pétion comme je l’avais voulu ; mais qu’il n’en serait pas ainsi avec lui. Je me bornai donc à m’occuper du service matériel des bureaux de la secrétairerie générale, sans chercher à m’immiscer dans la politique du temps en quelque manière que ce fût, d’autant plus que, peu de jours après son élection, m’ayant demandé la constitution, il lut en ma présence le chapitre relatif au Président d’Haïti, et s’arrêta à l’article concernant le Secrétaire général, en l’analysant, pour me bien faire comprendre la nature de mes obligations de bureaucrate[2]. »

En publiant ses Mémoires, Inginac a eu pour but de

  1. Pages 31 et 32.
  2. Page 31 des Mémoires.