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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/28

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Pendant quelque temps, le président fit occuper le Boucassin par le colonel Jean Dugotier ; mais cet officier vint ensuite se placer au poste avancé des Sources-Puantes qui couvrait le fort rétabli à Sibert. Toute la plaine de l’Arcahaie jusqu’au Mont-Roui, où était un poste avancé de l’ennemi, resta déserte et abandonnée de part et d’autre, pour servir de limite entre les parties belligérantes. Cette plaine, jadis si productive en sucre, les montagnes qui la bordent, où se récoltaient de si beaux cafés, furent ainsi livrées à la riche végétation d’un sol fertile.


Á la relation des crimes épouvantables commis par Christophe, opposons des faits en harmonie avec les devoirs moraux imposés aux peuples dans leurs relations réciproques. C’est Pétion qui en fut l’auteur et qui nous offre ce spectacle consolant.

Á peine de retour au Port-au-Prince, apprenant que plusieurs des Antilles et l’île de la Jamaïque surtout, étaient affamées par l’effet de la guerre qui venait d’être déclarée par les États-Unis à la Grande-Bretagne, — les provisions alimentaires ne leur arrivant presque pas de l’Union américaine, — il publia un arrêté, le 27 août, par lequel il permit l’exportation, par les navires étrangers, des vivres et grains produits dans la République, en les affranchissant de tous droits à la sortie. La seule condition qu’il mit à cette permission, fut que les exportateurs seraient tenus de vendre à l’État, dix livres de poudre à canon par chaque tonneau desdits navires, en fixant un minimum et un maximum de prix, calculés sur le cours de cette marchandise dans les circonstances où l’on se trouvait. Et, comme il était à prévoir que les