Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/26

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ces traits qui honorent le plus les hommes d’un pays quelconque[1].

Le Président d’Haïti récompensa militairement le colonel Benjamin Noël, en l’élevant au grade de général de brigade : il y joignit sa haute estime, son amitié affectueuse, qui furent pour lui des récompenses civiques, et qui, dans l’ordre moral, rehaussaient encore le mérite de ce brave. Les colonels Ladouceur et Abeille furent nommés adjudans-généraux, et d’autres promotions accompagnèrent celles-là en faveur des officiers qui avaient le plus secondé le mouvement.

Prévoyant que Christophe enverrait des troupes contre le Mirebalais, le président fit abandonner le bourg qui, comme nous l’avons déjà dit, avait été fondé en 1808 sur la rive droite de l’Artibonite ; il le fil rétablir dans son ancienne position sur la rive gauche de ce fleuve : ce qui offrait plus de facilité pour recevoir des secours du Port-au-Prince et y entretenir des relations, l’Artibonite étant sujette à des crues extraordinaires pendant lesquelles on ne peut le traverser. Les anciennes fortifications furent rétablies et garnies de canons.

Ces opérations, quoique poussées avec activité, portèrent Pétion à rester au Mirebalais environ trois semaines. Il se rendit ensuite dans la plaine des Verrettes, afin de faciliter les désertions partielles de militaires qui s’effectuaient parmi les troupes de l’Artibonite, depuis l’événement qui avait occasionné la juste punition d’Almanjor.

Dès son départ du Port-au-Prince, des transfuges y

  1. L’histoire a honoré avec raison la mémoire des gouverneurs de provinces qui résistèrent aux ordres de Charles IX, a l’occasion des massacres de la Saint-Barthélémy : la conduite de Benjamin Noël et d’Obas ne fut-elle pas aussi louable ?