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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/240

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indispensables, et ces changemens sont calculés plutôt sur les mœurs et le caractère du peuple pour lequel elle a été établie, que sur tout autre pacte social des autres gouvernemens.

Dans la situation où nous sommes placés, il était du devoir de nos législateurs de garantir la République contre tout ce qui aurait pu faire craindre pour sa sûreté et son indépendance ; d’expliquer au peuple l’étendue de ses droits et de sa puissance, comme souverain, et de lui indiquer en même temps ce qu’il devait de respect et de soumission aux lois qu’il s’était tracées lui-même. Que chaque Haïtien, la Charte constitutionnelle à la main, sache ce qu’il peut et ce qu’il doit.

Il fallait diviser les pouvoirs sur lesquels reposent la garantie de la liberté publique ; les régler sur la démocratie qui nous gouverne ; lever tous les obstacles qui auraient pu s’opposer à la marche du gouvernement, et rendre la constitution exécutable, pour s’assurer qu’elle fût exécutée.

J’aime à me persuader, citoyens Sénateurs, que ce but a été atteint, et que nous concourrons, avec la Chambre des représentans des communes, à justifier l’espoir du peuple… »

Après ce discours qui explique la pensée politique de Pétion dans l’œuvre de la révision, il prêta son serment, et le cortège se rendit à l’église pour entendre le Te Deum d’usage, et de là au palais de la présidence. Un banquet y fut offert aux principaux fonctionnaires publics par le Président d’Haïti, et dans la soirée la ville fut illuminée.

Dans le même mois, le président nomma les citoyens J.-C. Imbert, Secrétaire d’Etat des finances ; À. D. Sa-