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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/239

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… On aime à se persuader qu’un accroissement de puissance n’influera point sur l’usage modéré que vous avez toujours fait de l’autorité, et que les principes dont on a, dans toutes les occasions, reconnu la pureté, resteront invariables. Le peuple compte sur votre bienveillance. Il croit pouvoir espérer que les lois, et la justice qui en résulte, seront votre règle unique, qu’un gouvernement paternel signalera tous les instans de votre existence politique, et que le pouvoir confié à vos soins sera employé au bonheur général : tel est son vœu… »

Les mots soulignés dans cette partie du discours le furent par le président du sénat lui-même. Ils indiquent que ce corps, tout en tenant à Pétion un langage flatteur pour ses belles qualités, tout en lui disant de ces choses qu’il convient de rappeler au chef de l’État en de telles circonstances, partageait jusqu’à un certain point l’opinion du premier sénat de 1808, sur l’inexécution des lois qu’on lui imputait ; et par là on le rendait responsable de l’impossibilité où se trouvaient bien des fonctionnaires de les comprendre : on semblait ne pas vouloir envisager le véritable état des choses[1].

Le Président d’Haïti répondit :


xxx« Citoyens Sénateurs,

La constitution de la République vient d’être revisée, aux termes de nos lois fondamentales et dans les bases de celle du 27 décembre 1806. Elle a éprouvé les changemens que le temps et l’expérience ont rendus

  1. Le colonel Prézeau m’a dit que Christophe ordonnait souvent à ses secrétaires de refaire des lettres qu’il adressait à certains fonctionnaires de son royaume, pour trouver des expressions qu’ils pussent comprendre.