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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/235

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République toute la sécurité commandée par le droit des gens, et « qu’établi par la nation, le garant et non l’arbitre de ses destinées, il recevrait en son nom les propositions qui concerneraient son bonheur et ses droits, en se conformant à l’exercice des pouvoirs qu’elle lui avait confiés. »

La Flore et le Railleur étaient déjà dans la rade du Port-au-Prince. Étant à bord, les commissaires adressèrent à Pétion une deuxième lettre avec une copie en forme, de l’ordonnance royale en vertu de laquelle ils venaient remplir leur mission. Cet acte disait :

« La colonie de Saint-Domingue a particulièrement fixé notre attention. Nous avons reconnu qu’il était utile d’y envoyer des commissaires, pour calmer les inquiétudes que les habitans de cette île peuvent avoir sur leur situation ; faire cesser leur incertitude, déterminer leur avenir, légitimer les changemens que les événemens peuvent avoir rendus nécessaires, et spécialement ceux qui tendent à améliorer le sort de nos sujets. Nos commissaires s’entendront avec les administrateurs actuels, sur tout ce qui tient à la législation de la colonie, au régime intérieur et d’ordre public, aux fonctionnaires civils et militaires, à l’état des personnes et au rétablissement des relations commerciales avec la métropole. Ils nous désigneront ceux de nos sujets qui se sont rendus dignes de notre bienveillance, et qui auront mérité des récompenses par leur attachement et leur fidélité à notre personne. »

Aussitôt après l’envoi de cette ordonnance, les commissaires et leur suite débarquèrent au port ; ils y furent reçus par les officiers de la place, et accompagnés au pa-