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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/170

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À ce sujet, Pétion avait des idées toutes particulières. Il ne voulait point retenir les troupes dans les casernes ; et dès 1814, il avait permis aux officiers de tous grades de la garnison habituelle du Port-au-Prince ou y résidant, de participer à la démolition de celles de cette ville, dont les matériaux servirent à réparer les maisons qu’ils acquirent du domaine. Il en fit prendre aussi, il faut en convenir, pour contribuer à la construction de la belle demeure qu’il se faisait sur l’ancienne habitation Volant-Le-Tort, située à une lieue de la ville, qu’il avait acquise de l’État. Il donnait pour motifs de sa manière de voir, que les soldats haïtiens n’aiment pas la vie de casernes ; et qu’en ayant fait des citoyens, par la douceur du régime militaire, il valait mieux leur laisser la faculté de travailler dans les champs, à des industries dans les villes, et qu’au besoin ils ne manqueraient pas de se rendre à leurs drapeaux. Il est vrai qu’il ne se trompa point à cet égard ; l’armée républicaine, véritable milice, quoique régie ainsi, fut toujours prompte à se réunir.

À raison de l’augmentation des dépenses relatives à l’état militaire de la République, le 17 octobre, Pétion avait adressé au sénat un message où il exprimait l’opinion, qu’un emprunt en denrées d’exportation, demandé aux producteurs, serait nécessaire pour mettre le gouvernement à même d’acheter des armes et des munitions de guerre : cet emprunt serait remboursé en 1817. Mais il paraît qu’après mûr examen, le président et le sénat reconnurent l’inconvénient toujours attaché aux emprunts de toutes sortes : en conséquence, une loi fut rendue le 6 décembre pour augmenter l’impôt territorial sur certaines denrées d’exportation ou de consommation à l’intérieur. Le café et le coton furent portés à 15 gourdes