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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/146

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Pétion dans le Sud, qui avait eu, comme lui, l’honneur d’être excepté de l’hypocrite amnistie proclamée par Toussaint Louverture, mais qui était alors comte du Trou, maréchal de camp des armées du Roi, commandeur de l’ordre royal et militaire de Saint-Henry ; 2° L. Dessalines, ancien constituant de 1806, baron, major-général, secrétaire général au département de la guerre, chevalier de Saint-Henry ; 3° Félix Ferrier, ancien constituant et sénateur, major général, maréchal des logis des palais de Sa Majesté, chevalier de Saint-Henry ; et 4° Monsieur le chevalier d’Edouard Michaud. Tous ces titres sont utiles à connaître, parce qu’ils devaient produire un grand effet sur l’esprit des républicains, que les envoyés avaient mission d’embaucher à la cause royale.

En paraissant aux avant-postes de Sibert, ils avaient été retenus là provisoirement, afin que le commandant eût le temps d’en aviser Pétion. Ils se disaient chargés d’une mission pacifique, comme celle de Louis XVIII, et le président envoya des officiers à leur rencontre pour les accompagner en ville. Il fit aussitôt inviter les sénateurs, les généraux et autres officiers supérieurs, et les magistrats et fonctionnaires publics, à se réunir au palais pour les recevoir avec lui, et savoir, comme disait le peuple plaisamment : « Ce qu’ils venaient chercher. » Inutile d’ajouter que la demeure du président fut littéralement envahie, à titre, de palais national, par une grande partie du cortège populaire dont nous venons de parler. Le Président d’Haïti considérait cette mission comme celle de D. Lavaysse, intéressant les citoyens au même degré, puisqu’il s’agissait d’entendre encore les propositions d’un Roi.

Le comte du Trou, qu’il revit avec plaisir à cause des