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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/136

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chefs d’Haïti qui avaient repoussé cette tentative, pour maintenir l’indépendance de leur pays. Le Times s’éleva contre le gouvernement britannique, en lui reprochant d’avoir concédé à la France la faculté de continuer la traite des noirs pendant cinq années, pour pouvoir détruire toute une population d’hommes libres ; il dit qu’il était du devoir de la Grande-Bretagne de se poser en médiatrice entre elle et son ancienne colonie, avec d’autant plus de raison, que l’un des chefs d’Haïti avait fait des propositions équitables que la France pouvait accepter. À ce sujet, ce journal décerna des éloges particuliers à Pétion, en disant que : « sa correspondance avec Dauxion Lavaysse et sa proclamation respirent une modération à laquelle se joint une fermeté qui commande le respect.  »

Ces articles des journaux anglais furent plus ou moins bien accueillis en France, où le régime constitutionnel consacré par la charte de 1814 commençait à porter ses fruits : des esprits élevés, des cœurs généreux firent entendre leur voix en faveur du droit des Haïtiens à rester indépendans, puisque l’un de leurs chefs proposait, par respect pour la propriété, une indemnité en faveur des anciens colons, et de rétablir les relations commerciales entre la France et Haïti.

Par le 8e article patent du traité additionnel à celui de Paris, signé entre la Grande-Bretagne et la France, il était dit.

« S. M. Britannique stipulant pour elle et ses alliés, s’engage à restituer à S. M. Très-Chrétienne, dans les délais qui seront ci-après fixés, les colonies, possessions, comptoirs et établissemens de tout genre que la France possédait au 1er juin 1792, dans les mers et