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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/132

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leur prêtait. Ce n’est pas là le langage d’un chef animé de sentimens équitables ; c’est celui d’un tyran, d’un bourreau toujours avide de sang humain, mais destiné à périr comme son prédécesseur dans de semblables crimes. Les ex-colons, dont il rappelait aussi les actes, en avaient fait l’inévitable expérience, pour avoir outragé les lois de la nature envers leurs enfans. C’est que la Providence, en créant cette classe d’hommes par le croisement de deux races antipathiques l’une à l’autre, a voulu en faire le seul lien de rapprochement entre elles, pour améliorer le sort de la plus faible, à raison de la barbarie où elle est plongée depuis des siècles dans sa contrée natale. Ils sont des impies, ceux qui, parmi les blancs et les noirs, ne veulent pas se pénétrer de ces vues bienfaisantes du père commun des hommes !…


Voyons maintenant ce qui se passa en Europe, à la suite de la mission envoyée à Haïti par le ministre Malouet.

Ce vieillard était déjà mort et remplacé au ministère de la marine et des colonies par le comte Beugnot, quand arrivèrent en Angleterre, au commencement de janvier, les premiers actes publiés au Port-au-Prince et au Cap : — l’arrêté de Pétion relatif à la réduction des droits d’importation sur les marchandises de la Grande-Bretagne et l’écrit de Colombus en réponse au pamphlet de H. Henry ; — le manifeste de Christophe, les lettres de D. Lavaysse écrites de la Jamaïque et adressées à lui et à Pétion, le rapport fait par le conseil général de la nation sur les propositions de cet agent, l’écrit de Prézeau en réfutation de ces propositions, et ceux de Dupuy en réponse à H. Henry.