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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/124

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ordres. C’est encore à eux à multiplier les plantations de vivres de toute espèce. C’est aux magistrats, aux juges de paix, à recommander l’union, la concorde, l’amour du travail et la confiance parmi leurs concitoyens. La République compte que chacun fera son devoir : j’en donnerai l’exemple.

J’ai ordonné l’impression des pièces relatives aux communications faites par le gouvernement français ; elles seront mises sous vos yeux à la suite des présentes. Vous verrez ce qu’on vous propose, et ce que vous deviez répondre. »


Cet acte judicieux donna encore une fois la mesure du caractère magnanime de Pétion. Il posa pour son pays, les vrais principes qui doivent être observés dans les relations internationales, et qui y furent constamment suivis par la suite.

Lorsqu’un chef gouverne ses concitoyens d’après leur volonté et suivant les règles de la justice, il prend confiance en lui-même pour n’agir que dans leur intérêt, parce qu’il se persuade, avec raison, qu’il possède aussi leur confiance. Ses résolutions deviennent d’autant plus respectables, qu’il est assuré de marcher d’accord avec eux.

Celles que prit Pétion en cette circonstance solennelle, quoique basées sur sa modération habituelle, ne prouvent pas moins sa détermination de défendre l’indépendance et la souveraineté d’Haïti, si elles venaient à être attaquées par la France ; et sa proclamation devint un véritable Manifeste à l’adresse de cette puissance et de toutes autres. Désormais, le gouvernement français savait ce qu’il pouvait espérer de la République, dont le