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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/112

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vaysse, du 1er octobre, et la copie de celle adressée à Pétion, lui fit répondre qu’il pouvait venir au Cap en toute sûreté ; et, pour le rassurer davantage, il lui fit rappeler les anciennes relations qu’ils avaient eues ensemble, quand Franco de Médina commandait à Saint-Yague pour les Français[1].

Ce dernier donna tête baissée dans le piège. Arrivé à Laxavon, il y trouva une escorte de cavalerie qui lui rendit les honneurs militaires, et dont le commandant le complimenta au nom de S. M. le Roi d’Haïti, en lui disant que cette escorte était envoyée par les ordres du Roi pour l’accompagner au Cap-Henry. Ils pénétrèrent de suite à Ouanaminte, le 11 novembre ; et là, l’officier de cavalerie le traita en espion français. On prétend que Franco de Médina montra du courage en se voyant arrêté de la sorte. Enfin, il arriva au Cap, où il fut incarcéré et mis aux fers.

Ses effets avaient été nécessairement saisis. On trouva dans ses vêtemens : 1° une copie des lettres de créance données par le ministre Malouet à chacun des trois agents, en date de Paris, le 27 juin 1814 ; 2° une copie des instructions également émanées du même ministre. Ces deux pièces portaient sa signature ; elles prouvaient la mission perfide des agents.

Nous avons déjà dit sous quelle forme ils devaient se

  1. Cela ne résulte pas des pièces publiées par Christophe, mais ces faits sont vrais.

    Des traditions orales erronées m’ont porté à dire que F. de Médina avait fait arrêter et livrer Etienne Albert à Christophe, après qu’il se fût évadé du Nord. (Voyez la note de la page 112 du 7e volume.) Mieux informé, je rectifie aujourd’hui cette erreur. Le fait vrai, c’est qu’Etienne Albert et d’autres hommes de couleur évadés avec lui, furent attaqués dans l’Est où ils s’étaient rendus : ils se battirent, et cet officier, blessé dans le combat, mourut de sa blessure. Ce résultat ne servit pas moins la cause de Christophe, qui en sut bon gré, alors, a F. de Médina.