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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/560

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l’Arcahaie et son retour au Port-au-Prince, il ordonna de renforcer les troupes de Larose, d’un bataillon de la 4e sous les ordres de J.-L. Longueval, et d’un autre de la 14e sous ceux d’Éloy Turbet, afin d’aller réduire cette commune en cendres, pour qu’elle ne pût pas profiter de sa proximité du Port-au-Prince et y porter ses produits. Larose ne suivit que trop ces barbares instructions : les habitans et les cultivateurs s’enfuirent dans les bois, ou passèrent au Cul-de-Sac pour éviter d’être égorgés. Jean-Charles Courjolles lui-même, ce bandit qui était sous ses ordres dans la guerre de l’indépendance et encore en ce moment, ne put endurer la vue de tant d’excès ; il tua le colonel Éloy Jeanton, de la 8e l’un des féroces exécuteurs, et Larose le fit tuera son tour. Ces faits se passèrent dans le courant de février.

Ce sont ces abominables cruautés qui révoltèrent le brave Jean Dugotier, inspecteur des cultures dans le canton du Fond-Blanc. Il se décida à s’armer en faveur de la République, à laquelle il rendit les services les plus signalés jusqu’en 1820. C’était un Africain d’un courage remarquable ; par la suite, il attira au parti républicain une foule de cultivateurs des montagnes de Saint-Marc, des Verrettes et de la plaine de l’Artibonite, et il devint le colonel d’un 25e régiment formé de la plupart de ces hommes.

Malgré les actes criminels et de basse servilité de Larose, Christophe envoya Barthélémy Mirault avec mission de le faire égorger : ce qui eut lieu. Dessalines lui avait pardonné son insubordination envers lui en 1802 et 1805, à raison de sa conduite à la Crête-à-Pierrot et antérieurement : Christophe le fit mourir pour avoir été d’une obéissance passive. Ce seul fait suffirait pour justifier Pétion d’avoir brisé avec cet ingrat et accepté la