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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/543

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pétiteur, on lui trouvera encore plus de droits à cette première magistrature de la République.

Ensuite, dès 1802, Pétion n’était-il pas devenu le chef du parti politique qu’avait dirigé Rigand après Pinchinat ? N’est-ce pas à ce titre qu’il s’allia avec Dessalines, qu’il entraîna Christophe et Clervaux, qu’il persuada Geffrard de seconder Dessalines dans la guerre de l’indépendance ? Le rôle de Gérin, alors, n’élait-il pas tout-à-fait secondaire ?

De là les justes prétentions que Pétion était autoriser à nourrir dans son noble cœur, pour devenir Président d’Haïti après la déchéance de Christophe. Mais, avait-il besoin de s’en préoccuper, lorsque l’opinion publique le désignait déjà ?

Cependant, il avait un autre motif pour revenir au Port-au-Prince avec l’armée. La révolte de la Grande-Anse se développait de plus en plus ; il profita de cette nouvelle pour évacuer l’Arcahaie.

Eût-il donc mieux fait d’aller donner des assauts à Saint-Marc, que de retourner pour mettre le Sénat en mesure d’envoyer secourir les familles du Sud, que menaçait cette révolte de pillards sanguinaires ?

D’autres causes contribuèrent à son retour au Port-au-Prince avec l’armée : voyons-les dans la lettre suivante qu’il adressa au Sénat :


Port-au-Prince, le 13 février 1807.
Le général de division Pétion, sénateur, aux membres du Sénat.

Citoyens collègues, — Il me semble, dans les circonstances présentes, qu’il serait plus que jamais convenable que le Sénat prit une résolution tendante à faire une levée de jeunes gens, pour compléter les différentes demi-brigades de la division sous mes ordres. Deux