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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/516

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Convaincu de l’inutilité de ses efforts pour enlever le Port-au-Prince, Christophe, non moins irrité que ses soldats, se décida à retourner dans ses Etats. Mais il se vengea sur les propriétés, en faisant incendier la plupart des usines et les champs de cannes de la plaine du Cul-de-Sac, afin de pouvoir dire comme Dessalines, à son retour de la campagne contre Santo-Domingo : « Il est une vérité bien constante : point de campagnes, point a de cités… considération puissante, qui ajoute aux autres fruits que nous avons recueillis de cette expédition. »


Tandis que la République sortait avec succès de l’audacieuse entreprise de Christophe contre elle, une révolte inattendue éclatait à une extrémité opposée, pour durer presque autant que cette guerre civile, et arriver à un terme qui devint le précurseur de la fin de celle-ci. Nous voulons parler de ce qui a été appelé depuis, l’insurrection de la Grande-Anse.

Ici encore, nous allons nous trouver en désaccord avec l’Histoire d’Haïti, qui cite les personnes dont son auteur a tenu les renseignemens qu’il a publiés.

Selon elles, cet événement, désastreux pour le département du Sud surtout, aurait été une combinaison perverse de Bergerac Trichet, l’un de ses courageux citoyens, qui mérita de l’estime publique dans la guerre de l’Indépendance. Il y aurait été déterminé, et aurait entraîné Thomas Durocher dans son projet, par son ambition jalouse, et froissée de ce que Pétion et Gérin se proposaient de confier au colonel Francisque, le commandement de la Grande-Ânse. Thomas Durocher, autre citoyen du Sud, aux sentimens humains envers des colons, aurait