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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/508

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Yayou, Bonnet, Blanchet jeune, Bazelais, etc., avaient fait tous leurs efforts pour rallier les républicains dans la déroute. Yayou surtout se multiplia dans ce but patriotique. La plupart des militaires, blessés ou non, parvinrent en ville par les habitations du voisinage.

Ce n’est qu’au bruit de la bataille, que le général Magloire fit sortir la 12e demi-brigade avec des pièces de campagne, pour aller au secours de l’armée. Yayou fit rentrer ce corps dont une partie occupa le fort Saint-Joseph avec la 24e : il fit placer le long de la ligne du Bel-Air tous les fuyards à mesure qu’ils arrivaient, tous les hommes valides de la ville accourus pour sa défense. Il fut secondé par Lys, Caneaux, Bonnet et Blanchet jeune, ce dernier se tenant au fort Saint-Joseph. Yayou était commandant de l’arrondissement du Port-au-Prince.

Dans ces momens d’alarme, les familles de la ville évacuèrent en foule par la route de Léogane, presque toutes à pied avec leurs enfans, emportant ce qu’elles avaient de plus précieux, comme dans un jour d’incendie. D’autres s’embarquèrent sur les navires dans le port, sur les plus petits canots. Quand l’assaut fut donné ensuite, on vit même quelques hommes épouvantés disputer aux femmes et aux enfans cet asile flottant ; il y en eut qui, à leur honte, pénétrèrent dans la mer, à cheval, pour atteindre les embarcations. Et sur la route de Léogane, que d’autres se rallièrent aussi à la troupe… féminine !

Ceux des membres de l’assemblée constituante, devenue législative, qui n’étaient pas encore partis, comme firent d’autres dès le 31 décembre, à l’organisation du Sénat, s’empressèrent de se mettre en route en apprenant

    vent entendu Boyer exprimer des regrets sur son sort à la bataille de Sibert et sur son assassinat par Christophe.