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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/501

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cune amorce[1]. Gédéon s’avança avec une telle impétuosité, que l’héroïque 4e fut forcée de se jeter en désordre sur la 7e qui, elle aussi, quoique guidée par Guerrier, replia en arrière. Ce mouvement s’étendit jusqu’au pont où était Christophe. Il l’abandonna, et fît avancer sa cavalerie, commandée par Barthélémy Mirault et Etienne Albert, afin de protéger la retraite de ses troupes qui n’avaient pu se déployer dans ces lieux pour entrer toutes en ligne.

Gédéon poursuivait fougueusement les fuyards, lorsqu’un mouvement sur la gauche vint décider de la victoire en faveur de Christophe. C’était Larose qui, arrivé au pont du Batardeau, le trouva sans défense. Louis Lerebours, a-t-on dit pour son excuse, s’était retiré de cette position en croyant la bataille gagnée par la fuite de la 4e et de la 7e[2]. Attaqué avec vigueur par la 8e, appuyée par les deux autres bataillons de la 20e restés dans l’Artibonite, le 3e bataillon républicain replia sur la 21e. Le colonel Sanglaou ne sut pas soutenir ce bataillon : au contraire, ces troupes se mirent à fuir, tombant sur la 11e et le bataillon de la 24e qui furent entraînés dans leur déroute[3].

Pétion fit rappeler Gédéon dont les soldats cédaient

  1. Dans les rangs de ce corps se trouvaient Nazère, Thélémaque, Valembrun, Victor Poil, Moizeau, Guilloux, Bertrand Jean, Laville, Cotia, Pantaléon, Laruîne Leroux, tous officiers éprouvés. Coutilien Coustard et presque tous ses compagnons de la 4e y avaient été incorporés.
  2. À cette époque, on soupçonna Louis Lerebours d’avoir trahi la République, un officier ne devant pas abandonner ainsi le poste qui lui a été confié. Cette marche de Larose sur le Batardeau semblerait donner créance à ces soupçons ; mais il faut alors supposer que L. Lerebours avait envoyé cet avis dans la nuit même, et aussitôt qu’il fut placé en cet endroit.
  3. Pendant longtemps, la 21e fut l’objet des sarcasmes des soldats des autres corps du Port-au-Prince, à cause de cette conduite : chaque fois qu’elle y venait en garnison, des coups de sabre s’échangeaient entre ces militaires.