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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/497

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qu’il était préférable d’atteindre les Sources-Puantes, où la route est resserrée, et il céda à leur désir[1].

L’avant-garde atteignait à peine le pont de Boucan-Brou, au milieu des salines, quand elle cria : Qui vive ! C’étaient des soldats de la 7e demi-brigade qu’elle avait aperçus ; ils venaient d’eux-mêmes se ranger dans l’armée de la République, comme fit ce brave corps tout entier en 1812, sous les murs du Port-au-Prince. Pétion les fit venir auprès de lui, au centre des troupes en marche : les accueillant avec cette bienveillance qui le caractérisait, il les interrogea et apprit d’eux que l’armée de Christophe venait et avait eu ordre de marcher toute la nuit, pour mieux surprendre le Port-au-Prince. Sur leurs renseignemens, il jugea qu’elle pouvait être forte d’environ 12,000 hommes[2]. Il ordonna alors de faire rétrograder ses troupes pour les placer a Sibert et Montléard, ainsi qu’il l’avait d’abord voulu : il eût été imprudent de continuer plus avant, puisqu’on aurait pu rencontrer l’ennemi sans pouvoir se déployer. En ce moment, il expédia le chef d’escadron Boyer, son premier aide de camp, et Chervain, commissaire des guerres, pour faire venir du Port-au-Prince des pièces de campagne[3]. N’en ayant pas amené avec ses troupes, quoique artilleur, il faut supposer qu’il présumait que Christophe venait avec une armée moins forte, ou que l’état des routes, défoncées par les grandes pluies de cette année, lui en avait fait rejeter l’idée.

Il était 11 heures, quand l’armée républicaine prit position. La 11e était rangée en bataille sur l’habitation Si-

  1. Note de Cerisier.
  2. Voyez son écrit justificatif, du 17 janvier 1807, p. 3.
  3. Note de Cerisier.