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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/458

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lumières le choix du peuple, en indiquant les personnes qui étaient dignes de sa confiance et qui pouvaient mieux concourir à cette œuvre. » Dans l’état des choses, c’était, de leur part, un acte de patriotisme : ils avaient guidé les efforts de la nation pour la conquête de l’indépendance, ils pouvaient, ils devaient diriger les élections. Les lumières n’étaient pas assez avancées dans le pays.

Elles eurent donc lieu dans toutes les paroisses reconnues comme telles, dans le sens de ce principe posé dans la circulaire : — « Que la non-résidence dans la paroisse n’était pas une qualité exclusive de l’élection, tout citoyen d’Haïti ayant droit à la nomination parce tout où il en serait jugé digne. »

Si Christophe et les généraux du Nord et de l’Artibonite firent nommer les hommes qui leur parurent aptes à remplir cette mission, Pétion, Gérin et Férou firent nommer également ceux qui présentaient la même aptitude, dans l’Ouest et dans le Sud. Pétion et Gérin firent plus ; ils se firent élire membres de l’assemblée. Férou, se mourant déjà, ne pouvait y songer.

Pourquoi cette précaution, de la part de Pétion surtout ? Parce qu’il connaissait Christophe à fond, que sa lettre à Yayou et la mission de Bonnet au Cap l’avaient encore éclairé sur ses sentimens intimes. Il voulait donc faire partie de l’assemblée, pour y présenter ses opinions politiques, faire constituer le pays en République, organiser le gouvernement de manière à ne pas voir se reproduire l’autocratie de Dessalines. C’est ce qui explique sa réponse à l’officier de confiance que Christophe envoya auprès de lui, — qu’il monterait à la tribune pour repousser une semblable proposition.

Gérin ne désirait certainement pas le renouvellement