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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/447

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de son collègue, — comme il avait été au Haut-du-Cap, à Breda, illustrés à plus d’un titre, pour veiller à la conservation des jours de Clervaux, de ce même H. Christophe, et de ses compagnons d’armes de la 13e et de la 10e[1].

En envoyant Dartiguenave dans le Sud, Christophe avait écrit une lettre à Pétion, en date du 30 novembre, où il lui disait : « Le général Dartiguenave est porteur de mes ordres, il est chargé de vous les communiquer ; je vous invite à l’assister de vos bons conseils. » C’était renouveler ce qu’il lui avait déjà dit dans sa lettre du 23 octobre — « qu’il avait la persuasion que Pétion concourrait, en son particulier, à l’aider de ses lumières lorsque le bien public l’exigerait. »

Ce cas était arrivé. Après avoir pris communication des instructions de Dartiguenave, Pétion lui fit comprendre facilement que ce serait mettre le feu aux quatre coins du Sud dont la population était si agitée ; et que le général Gérin avait plus de droits à la considération et aux égards de Christophe, que celui-ci ne lui en montrait en faisant faire une telle mission. Mais, laissons-le parler lui-même à Christophe :


Port-au-Prince, le 10 décembre 1806.

Le général de division Pétion, commandant la 2me division de l’Ouest, et membre de l’assemblée constituante,

Au général en chef Henry Christophe, chef provisoire du gouvernement.

J’ai reçu, mon général, la lettre que vous m’avez écrite et que le général Dartiguenave était chargé de me remettre. Ce général m’a

  1. « De retour à Saint-Domingue avec l’expédition des Français, aussitôt que j’en ai pénétré le but, je suis sorti du Cap ; et, en entraînant avec moi le