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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/331

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mettre en route avec la 13e, il était encore aux Cayes le mercredi 15, quand le chef d’escadron Borgella y arriva ce jour-là, avec de nouveaux ordres de Gérin pour faire marcher les troupes à sa rencontre. C’est alors que Bourdet défila avec son corps, pour le Pont-de-Miragoane, et Vancol avec le sien pour Jérémie.

En partant d’Aquin, le général G. Lafleur en avait laissé le commandement à Borgella ; mais lorsque celui-ci apprit que Gérin avait été reconnu aux Cayes, en qualité de général de l’armée insurrectionnelle et de commandant des deux divisious du Sud, il laissa à son tour le commandement d’Aquin à Verpil, son adjudant de place, afin de se rendre à l’Anse-à-Veau. Dans la route, il rencontra Faubert et David-Troy et sut que Gérin se rendait au Pont-de-Miragoane : il s’y porta. Avant de quitter Aquin, il avait adressé au colonel Lamarre, une lettre pour l’engager à prendre parti dans l’insurrection.

Dès le 11 oclobre, Gérin, méditant sa marche dans la 2e division de l’Ouest, pour pouvoir s’aboucher avec Pétion dont il présumait les sentimens favorables à la cause de l’insurrection, uniquement par ses antécédens (car il ignorait complètement le concert qui avait existé entre Pétion, Geffrard et Christophe), Gérin sentait l’importance de l’adhésion de Lamarre, qui était capable de lui opposer une vive résistance avec sa demi-brigade. En conséquence, il expédia au Petit-Goave les deux frères Calix et Nicolas Brouard, amis de Lamarre, pour tâcher de le persuader en faveur de l’entreprise. À leur arrivée, les deux Brouard sondèrent ses dispositions qu’ils trouvèrent à l’encontre de leurs désirs et de leur mission : la lettre que Lamarre reçut des chefs des Cayes ne produisit pas plus d’effet. Au contraire, il prit des mesures de dé-