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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/319

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croyait arriver pour prendre part à la répression de la révolte de Messeroux. Descendu chez Quenez, où se trouvaient tous les chefs réunis, ceux-ci l’accueillirent en lui manifestant l’espoir qu’ils avaient de sa coopération ; mais Lafleur était encore sous l’influence de la colère excitée en lui par sa rencontre avec la 17e ; il répondit avec humeur, demanda à se battre avec Fossé qui l’avait insulté, disait-il. Au lieu de consentir à la proposition des chefs, il demanda à Wagnac un entretien particulier avec lui dans la soirée, chez lui-même. Dès lors il fut tenu en suspicion, de vouloir tenter de ramener Wagnac à la cause de Dessalines. Wagnac ne se rendit pas à son invitation, et une garde fut envoyée dans sa demeure pour l’y retenir prisonnier : ses aides de camp et ses guides furent envoyés en détention au camp Gérard, dans la plaine des Cayes, où l’on avait déjà transféré le général Moreau.

Le 9 octobre, étant encore à l’habitation Taverne, Messeroux avait enjoint à Moreau, d’écrire un ordre au commandant de la citadelle des Platons, pour livrer des munitions de guerre à un détachement d’habitans et de cultivateurs qu’il y envoyait. Moreau fut contraint de faire cet ordre, et le détachement partit. Mais le chef de ce poste, qui avait déjà appris l’arrestation de Moreau, refusa péremptoirement de livrer ces munitions. Le détachement revint le lendemain, 10, à Taverne ; alors Messeroux leva son camp tout entier, disant qu’il allait s’emparer de la citadelle ; il emmena Moreau et les personnes de sa suite, arrêtées aux Karatas. Nouveau général improvisé, Messeroux se ravisa en route et se dirigea au camp Gérard, où il livra son prisonnier au capitaine Augustin, qui le fit mettre dans une chambre gardée par une senti-