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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/314

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pela. « Mon cher Papalier, lui dit-il, le sort en est jeté ! Demain, je serai a la tête de mon corps pour combattre Dessalines : Bourdet est dans les mêmes dispositions. Choisis maintenant entre Dessalines et tes frères. — Je ne saurais me séparer de vous tous, répondit Papalier ; puisque, comme Wagnac, vous prenez parti avec les insurgés, vous avez fixé le mien. Mais agissons sinécrément et avec une prompte résolution. Tu connais l’ardente activité de Dessalines ; pars de suite pour l’Anse-à-Veau, et ne perdons pas un instant. »

Là même, chez Maekintosch, Papalier écrivit immédiatement plusieurs lettres, à Férou, à Vancol et à quelques autres officiers du Sud, pour leur faire part des événemens et de sa résolution. Il envoya un officier en toute hâte informer Wagnac et les autres insurgés, de l’adhésion des troupes et des habitans des Cayes, afin d’agir comme un seul homme contre Dessalines ; il vit Bourdet et prit avec lui des mesures en conséquence.

Wagnac s’était rapproché des Cayes avec les insurgés, ne sachant pas encore ce qui s’y décidait[1]. En réponse à l’avis de Papalier, il fît dire qu’il voulait voir Bourdet. Celui-ci se rendit aussitôt auprès de lui, accompagné de quelques officiers, Voltaire, Racolier, Lafrédinière et d’autres : ils s’entendirent ; mais Wagnac remit à rentrer en ville le lendemain, pour avoir le temps de réunir les insurgés. Devenu le chef militaire de ces derniers dans les campagnes, il prenait et il devait prendre ses sûretés à tout événement.

Le lendemain, vendredi 10 octobre, Papalier écrivit une seconde lettre à Vancol, qu’il lui fit porter par Glézil

  1. Il s’arrêta sur l’habitation Dutruche.