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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/296

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l’exportation ! Et sur quoi donc se basaient les directeurs de douanes et les administrateurs dont ils relevaient ? Il y a apparence qu’ils agissaient d’une manière aux Cayes, d’une autre manière dans chacun des autres ports ouverts au commerce étranger ; et alors, comment reconnaître leurs fraudes ?

L’article 8 de ce décret contient une disposition qu’il faut produire.

« Défend également Sa Majesté à ses ministres des finances et de la marine, d’établir et de faire percevoir par les administrateurs de leurs départemens respectifs, d’autres droits que ceux avoués par le présent décret, sous peine de punition. »

il paraît donc qu’auparavant, Vernet et Gérin ordonnaient sur ces matières ce qu’ils jugeaient convenable, et selon les lieux. Conçoit-on alors le beau jeu qu’avait Vastey dans ce dédale administratif ?


Enfin, le 8 septembre, Dessalines quitta la ville des Cayes, en chargeant le général Moreau du commandement provisoire de la 1re division du Sud, objet de tous les désirs de cet officier. Il donna le commandement de l’arrondissement à l’adjudant-général Papalier, et maintint le colonel Beauregard à celui de la place.

Au moment de son départ, il recommanda à ces trois officiers, sous la menace des peines les plus sévères, de visiter eux-mêmes à tour de rôle, tous les bâtimens qui arriveraient aux Cayes, afin de s’assurer si André Rigaud s’y trouvait ; que ce cas échéant, ils lui feraient trancher la tête à bord du navire qui l’aurait ramené.

Il aurait suffi de cet ordre, qui ne reposait que sur des préventions suggérées, pour exaspérer la population des