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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/278

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la vie de l’empereur, un tel homme n’avait pu faire la sottise de se compromettre par correspondance écrite, littérale.

Sur la déclaration de Moreau, l’empereur chargea À. Dupuy, son aide de camp et secrétaire, de chercher dans ces papiers, surtout la correspondance entre Geffrard et Christophe, et toutes autres pièces qui auraient trait à une conspiration. Dupuy lui donna lecture de toutes les lettres respectives des deux généraux. D’après le registre de correspondance de Geffrard, elles se trouvaient en rapport de dates ; et les unes et les autres ne roulaient que sur des matières du service militaire (la constitution ayant donné le droit au général en chef de correspondre avec les généraux), sur des témoignages d’estime mutuelle[1]. Geffrard lui-même était trop intelligent, trop capable, pour consigner sur un registre ou laisser dans ses papiers, une trace quelconque de son projet. Les annotations de Poutu, qui avaient tant contribué à prévenir l’esprit de Dessalines contre Geffrard et d’autres, n’étaient-elles pas une leçon, un avertissement ?

Deux lettres seulement, de Papalier et de Glézil fils, parurent à Dupuy, dans tous ces papiers, pouvoir être soustraites à la connaissance de l’empereur qu’il voyait si irrité ; et cette conduite dépose encore une fois en faveur des sentimens et de la haute portée d’esprit de Dupuy, qui montra d’ailleurs tant de capacité. Il les remit lui-même à leurs auteurs[2]. Ces deux officiers avaient été envoyés à Jérémie par Geffrard, peu après la déclaration de l’indépendance, en janvier, à propos des intrigues ourdies là par des blancs avant les vengeances : intrigues

  1. Notes de Glézil fils sur l’insurrection et la révolution de 1806.
  2. Déclaration particulière de Glézil fils.