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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/146

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Pendant la reconnaissance de l’empereur, et au moment où il arrivait au quartier-général de Gabart, le brave adjudant-général Damestois, son aide de camp, fut frappé d’un boulet lancé des fortifications de la ville : il expira deux heures après.

Le 12, la division Geffrard arriva et occupa de suite la ligne qui lui était réservée : le général Moreau en faisait partie, et ce n’est que le 24, que le général Gérin arriva avec un transfuge américain, dit le journal de la campagne, sans mentionner ni son nom ni l’objet qui l’amenait. Mais dès le 16, l’empereur avait reçu des correspondances étrangères.

Santo-Domingo était ainsi investi complètement par terre : nulle communication ne pouvait plus avoir lieu avec les campagnes. Par mer, cette ville était bloquée par des vaisseaux anglais, qui ne permettaient pas l’entrée des approvisionnemens de l’étranger, et la place en avait fort peu. Quelques jours après, il n’y avait plus de bois à brûler, plus de combustibles d’aucune espèce. Cependant, le général Ferrand, avec environ 3500 hommes de troupes européennes, ne désespéra pas de défendre la place, dût-il combattre jusqu’à extinction. Ses troupes étaient appuyées par 1300 gardes nationaux de la ville, commandés par deux mulâtres de Saint-Marc, Faustin Répussart et Savary, dont on a connu déjà les antécédens, par leurs services rendus à la cause honteuse de l’esclavage. Afin de diminuer le nombre des personnes inutiles à la défense, Ferrand fit embarquer sur deux navires des femmes et des enfans, pour être portés dans les îles voisines ; à leur sortie du port, les Anglais les chassèrent, et ils durent y rentrer.

Dès l’apparition de l’armée haïtienne sous les murs de