Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/130

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nés pour cinq ans, le prix du fermage se payait en nature ; mais en général ce prix était fort peu élevé. Après le payement du fermage, le fisc retenait, comme quart de subvention sur le reste des produits, en café et coton, 250 livres pesant pour chaque individu valide livré aux travaux agricoles, de 15 à 70 ans ; c’est-à-dire, qu’il était enjoint à chaque cultivateur, comme sous les colons, de produire 1000 livres de chacune de ces deux denrées. C’est dire aussi que dans les sucreries, adjugées la plupart aux chefè supérieurs, ces hommes devaient produire également comme dans l’ancien régime si détestable à tous égards.

Quant aux guildiveries existantes, appartenantes à l’Etat, elles étaient affermées en argent ; mais il fut défendu d’en élever d’autres ou d’en établir de nouvelles par des particuliers propriétaires, à moins d’obtenir préalablement une permission spéciale de l’empereur ou du ministre des finances. Il fut également défendu d’exploiter le bois de campêche. On verra ce qui suivit cette double défense.


Pendant que ces divers actes fixaient la condition des populations des campagnes, tous les généraux et leurs états-majors, tous les hauts fonctionnaires civils de l’empire s’acheminaient à Marchand, par ordre de l’empereur, pour s’y trouver le 1er janvier 1805 et solenniser le premier anniversaire de la déclaration de l’indépendance d’Haïti. C’était aussi une occasion toute favorable pour les réunir autour du chef qui venait d’être décoré de la pourpre impériale, pour consacrer en sa personne, par leur présence, l’autorité suprême dont il était revêtu. Dès les derniers jours de décembre, tous étaient rendus dans la nouvelle ville dont les constructions se poursui-