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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/56

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La première, du 12 février, lui disait :


Le Directoire exécutif, citoyen général, a vu avec étonnement le citoyen Hédouville de retour en France avant l’expiration du terme fixé pour sa mission. Cet événement aurait pu produire de grands maux, et le Directoire a remarqué les efforts que vous avez faits pour y remédier. C’est par les résultats de vos soins à prévenir toute sorte de désordres, de votre exactitude à faire exécuter les lois nationales et la volonté du gouvernement, de votre zèle à maintenir la discipline militaire et à protéger par-là, et en ce qui vous concerne, les propriétés et l’amélioration des cultures ; c’est par les résultats enfin de votre application ferme et constante à maintenir l’armée dans la fidélité et l’attachement à la mère-patrie et à la constitution de l’an iii, que l’opinion du Directoire et celle de la République entière seront fixées, citoyen général, sur vos assertions et celles de vos détracteurs. Jamais plus belle carrière ne vous fut ouverte. Le Directoire exécutif se plaît à croire que vous la fournirez de manière à justifier sa confiance ; il applaudit, au surplus, au parti que vous avez pris d’instruire sur le champ le citoyen Roume, que le Directoire avait nommé en remplacement du citoyen Hédouville, au départ de ce dernier. Le citoyen Roume répondra sans doute aux espérances que son caractère, son civisme et ses talens ont fait concevoir, et qui ont déterminé le Directoire à le désigner d’avance pour remplacer le citoyen Hédouville.

Salut et fraternité, E. Bruix.

Une autre lettre du 22 février lui transmit de la part du Directoire, des témoignages de satisfaction pour la campagne qui a été suivie de l’entière expulsion des Anglais et qui a mis le comble à ses succès. Elle fut encore signée du même ministre.

Enfin, la dernière, signée de Talleyrand, ministre des relations extérieures, en l’absence de Bruix, lui disait que le Directoire comptait beaucoup sur son zèle à seconder son agent dans les mesures qu’il croira devoir prendre pour le maintien de la tranquillité, en concourant à protéger les propriétaires et en rappelant le commerce qui peut