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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/54

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tre les bâtimens anglais dans ses ports, que sous pavillon espagnol on américain, restriction que l’orgueil britannique trouvait humiliante. Maitland réclamait l’exécution de ses promesses, Toussaint l’éludait. Il fallut, pour calmer les mécontentemens réciproques, toutes les ressources de l’esprit conciliateur de M. Stevens… »

Et là-dessus, Kerverseau énumère une foule d’actes et de pièces du gouvernement des États-Unis, qui prouvent l’entente de la Grande-Bretagne et de ce gouvernement, pour arriver aux arrangemens pris avec T. Louverture ; et il en conclut que ce dernier, stipulant en son nom sans mentionner celui de la France, arrivait ainsi à l’indépendance de Saint-Domingue. Il dit en preuve de cette assertion :

« Que, même avant les hostilités avec Rigaud, non encore déclarées, mais décidées entre les alliés, les ports du Sud ont été exclus des avantages du commerce des États-Unis jusqu’au départ de Rigaud, et que ceux de la partie espagnole ne l’ont pas été moins sévèrement, jusqu’à ce que T. Louverture les eut réunis à ses domaines… ; que les émigrés se préparaient à rentrer à Saint-Domingue (ils y étaient déjà) ;… qu’à peine son traité avec Stevens fut-il conclu, que le 30 floréal (19 mai) au moment même du départ de Maitland, dont l’apparition à Saint-Domingue fut toujours l’annonce de nouveaux crimes et de nouvelles calamités, la colonie fut inondée du libelle le plus insultant pour Rigaud, où les injures les plus grossières étaient vomies par la rage la plus forcenée, imprimé sous tous les formats, répandu avec profusion et inséré tout entier dans le Bulletin officiel. Ce débordement d’invectives était terminé par la menace d’employer les voies de rigueur pour ramener le prétendu rebelle à son