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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/452

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consistait à reconquérir la colonie par la force des armes, à rappeler en France tous les noirs qui avaient occupé des grades supérieurs à celui de chef de bataillon, à désarmer les noirs, en leur assurant la liberté civile et en restituant les propriétés aux colons. »

Et les avantages et les inconvéniens des deux partis sont ensuite exposés et discutés.

« Aussi le Premier Consul inclinait pour le premier parti, parce que c’était celui que paraissait lui conseiller la politique, celui qui donnerait le plus d’influence à son pavillon dans l’Amérique… Tels étaient l’état de Saint-Domingue et la politique adoptée par le gouvernement français à son égard, lorsque le colonel Vincent arriva à Paris. Il était porteur de la constitution qu’avait adoptée de sa pleine autorité T. Louverture, qui l’avait fait imprimer et mise à exécution, et qu’il notifiait à la France. Non-seulement l’autorité, mais même l’honneur et la dignité de la République étaient outragés : de toutes les manières de proclamer son indépendance et d’arborer le drapeau de la rébellion, T. Louverture avait choisi la plus outrageante, celle que la métropole pouvait le moins tolérer. De ce moment il n’y eut plus à délibérer ; les chefs des noirs furent des Africains ingrats et rebelles, avec lesquels il était impossible d’établir un système. L’honneur, comme l’intérêt de la France, voulut qu’on les fît rentrer dans le néant… Comme T. Louverture était le plus modéré des généraux noirs ; que Dessalines, Christophe et Clervaux, etc., étaient plus exagérés, plus désaffectionnés et plus opposés encore à l’autorité de la métropole, il n’y eut plus à délibérer : le premier parti n’était plus praticable ; il fallut se résoudre à adopter le deuxième et à faire le sacrifice qu’il exigeait. »