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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/43

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les habitent ? De tous les temps, le département du Sud a été négligé ; depuis le commencement de la révolution, aucune autorité supérieure n’est venue s’assurer de son état physique et moral ; ses habitans ont été calomniés en tout genre ; mais ils n’en ont pas moins chéri la constitution française, et n’ont pas moins donné des preuves de leur attachement à la France. Si vous étiez plus près de nous, vous vous seriez mieux convaincu de la perfidie de tous ceux qui nous calomnient ; moi en particulier, j’aurais souvent trouvé en vous, non-seulement un guide pour ma conduite dans mes fonctions, mais encore un père dans vos salutaires conseils… »

Tout ce que Rigaud dit ici est vrai : à l’exception de Polvérel qui a séjourné deux fois dans le Sud, aucun autre agent de la France n’y était allé depuis longtemps. Mais voit-on néanmoins comme il exhale ces plaintes du Sud contre le Nord, où ces agens ont constamment résidé, et cela, dans le temps même où la mésintelligence existe entre lui et T. Louverture ?

Quelques mois auparavant, le 13 octobre 1798, Bonnet qui était en mission à Paris, avait présenté au ministre de la marine un mémoire dans lequel nous remarquons ce passage :

« L’aspect militaire de la partie du Nord paraît imposant. Celle du Sud n’est pas, à beaucoup près, dans un état de défense aussi respectable. On peut affirmer, sans craindre d’être démenti, qu’abandonnée à elle-même, oubliée, pour ainsi dire, par la métropole, elle n’a subsisté jusqu’à ce jour que par le civisme de ses habitans. Elle na rien reçu de la France depuis le commencement de la révolution… »

Bonnet aussi disait la vérité ; mais son mémoire, où