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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/365

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Voilà quatre articles fondamentaux, des institutions proclamées par T. Louverture et les colons qui le conseillaient. Après les actes déjà relatés sur les cultures et rappelés dans l’article 16, est-il encore besoin d’en faire voir le but et les conséquences ? Le changement de domicile de la part des noirs cultivateurs devenait un vice, funeste aux propriétés des colons principalement, qu’il fallait reconstituer : de là sa répression. Que devenaient alors l’abolition de l’esclavage, de la servitude, et la liberté proclamées dans l’article 3 ? Où était l’égalité décrétée dans le 4e ?

Quelle était cette introduction de cultivateurs qui devait avoir lieu dans la colonie ? Où les prendre, sinon à la côte d’Afrique ? Car il ne s’agissait pas de blancs, encore moins de mulâtres, ces derniers étant des êtres pestiférés[1]. Toutes les fois que les actes disaient cultivateurs, il était entendu que c’étaient des noirs. Les mesures à prendre par le gouverneur à ce sujet, pour encourager et favoriser l’augmentation de ces hommes, les stipulations qui devaient assurer et garantir l’exécution des engagemens respectifs résultant de cette introduction, étaient les conventions prévues entre T. Louverture et les Anglais, ces derniers lui ayant promis, a-t-on dit, de donner toutes les facilités à cette traite des noirs : les armateurs-négriers de toutes les nations y auraient concouru, et il fallait garantir l’exécution des engagemens à ce sujet, entre ces trafiquans de chair humaine et les colons propriétaires.

Est-il un seul lecteur de bonne foi qui, connaissant les antécédens de T. Louverture, s’étonnera de telles dispo-

  1. Ne verra-t-on pas clairement dans les dispositions de l’article 17 ci-dessus, la cause des assassinats commis sur les anciens libres dont l’existence gênait les vues liberticides de T. Louverture ? Dès-lors, la guerre civile du Sud ne fut pas une guerre de couleur.