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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/349

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autorisée à les acheter à ce prix, augmenté de quinze pour cent. L’exportation du numéraire, déjà défendue, le fut encore sévèrement.

Ces détails sont utiles à connaître ; car tous les gouvernemens qui ont succédé à celui de T. Louverture, ont basé leur système fiscal sur celui qu’il avait établi.

La réduction du droit d’importation sur les objets de première nécessité avait le double but de favoriser leur consommation à l’intérieur et le commerce particulier des États-Unis : E. Stevens lui avait été trop utile dans la guerre civile du Sud, pour qu’il ne reconnût pas ses services. Et c’est une chose remarquable, qu’à cette époque l’orgueil des États-Unis ne souffrait pas de leurs relations avec un chef noir, ancien esclave, tandis que de nos jours, il croirait s’humilier, si le gouvernement fédéral en entretenait avec le chef d’Haïti, quel qu’il soit. Cependant, le même intérêt mercantile qui motivait ces relations, a décuplé au moins de valeur dans le commerce des deux pays : il est vrai qu’au commencement de ce siècle, les États-Unis n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui.

Le lecteur nous pardonnera cette digression, à raison de son importance sous le rapport moral et même politique. Revenons au règlement de T. Louverture.

« Tout armateur arrivant dans la colonie était obligé de consigner sa cargaison à un négociant domicilié. Nul n’était admis à être consignataire, s’il n’était 1° citoyen français ; 2° si dans quelque circonstance, il avait manqué à ses engagemens ; 3° s’il n’avait une fortune suffisante pour établir une responsabilité, — sauf les exceptions à faire en faveur des négocians étrangers à qui le gouvernement se réservait d’accorder le même droit, après avoir examiné les services qu’ils auraient