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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/338

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faire battre une monnaie à son effigie : elle portait dans l’exergue les mots de : République française. Nous ne garantissons pas ce fait, ne connaissant aucun acte public à ce sujet ; nous le puisons dans un auteur national[1] et dans un manuscrit du général Kerverseau, résumant son rapport si souvent cité par nous : au reste, les traditions populaires l’appuient.

Avant de quitter Santo-Domingo pour retourner dans l’Ouest, T. Louverture apprit l’arrivée de l’évêque Mauvielle à Puerto-Plata. Il s’empressa d’envoyer des ecclésiastiques à sa rencontre ; ils le trouvèrent à la Véga. Apprenant lui-même que le général en chef était à Santo-Domingo, il venait au-devant de lui. L’évêque fut parfaitement accueilli : les départemens de l’Engaño et de Samana furent confiés à sa juridiction spirituelle, à la résidence de Santo-Domingo, dont le siège archiépiscopal était vacant. L’éducation de ce prélat, son instruction supérieure, ses mœurs, ses manières distinguées le firent aimer de tous les fidèles de l’ancienne possession espagnole, habitués qu’ils étaient depuis trois siècles à vénérer les hauts dignitaires de l’Église.

Quelques mois après, cet évêque contribua à la défection de toute cette partie en faveur de l’expédition française : il répondait ainsi, dans l’intérêt de cette armée, aux sentimens que lui avait manifestés T. Louverture.

Celui-ci, en partant de Santo-Domingo, donna la preuve d’autres sentimens contre un de ses officiers, qui, peut-être, lui fût resté fidèle dans cette conjoncture. Nous avons dit que le colonel Gautier, cet ancien légionnaire de l’Ouest, s’était distingué dans le combat livré sur les

  1. M. Madiou, Histoire d’Haïti, t. 2, p. 89.