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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/298

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la partie française : il méritait que ce reproche lui fût adressé. Don Garcia qui avait ses instructions, qui avait sans doute appris encore par le général Michel, que le gouvernement consulaire, ainsi que le Directoire exécutif, ne voulait pas qu’on prît possession de la colonie cédée à la France sans ses ordres, lui donnait assez de conseils pour ne pas encourir son blâme. Mais le moyen d’empêcher T. Louverture d’exécuter ses desseins une fois conçus ?

Cette lettre le trouva à Azua. Il y répondit le 13 janvier (25 nivôse), par une autre très-longue ; il s’étonna de n’avoir reçu réponse à la sienne du 4 que le 12, après qu’il fût entré à Azua. Réfutant toutes les raisons alléguées par Don Garcia pour ajourner la remise de la partie espagnole, il revint sur l’arrêté de Roume qui l’autorisait à en prendre possession, en lui disant que celui du 16 juin qui rapportait le premier, ne lui avait pas été notifié officiellement, qu’il n’a pas eu de publicité (il avait défendu de le publier), et qu’il n’en a eu même connaissance que par les habitans d’Azua. Or, nous avons déjà dit que Roume le lui adressa, et que le général Michel rapporta à Roume que T. Louverture avait renoncé lui-même à cette prise de possession. Mais le général en chef n’avait voulu qu’endormir Roume, Don Garcia et le gouvernement consulaire à ce sujet, dans le moment où Michel retournait en France : avocat autant, que général, il chicanait sur le manque de toute publicité de l’arrêté du 16 juin, tandis que c’était lui-même qui avait défendu de le publier. Reprochant ensuite au gouverneur espagnol de vouloir faire verser inutilement le sang des habitans et de ses soldats, il le rendit responsable de tout ce qui s’ensuivrait. « Les mille et une protestations que vous faites deviennent nulles. Je n’ai