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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/253

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d’en remercier le Tout-Puissant ; nous nous en sommes acquitté avec la ferveur qu’exigeait un si grand bienfait. Maintenant, citoyens, il importe que tous nos momens ne soient consacrés qu’à la prospérité de Saint-Domingue, à la tranquillité publique, par conséquent au bonheur de tous nos concitoyens.

Mais pour y parvenir d’une manière solide, il faut que toutes les autorités civiles et militaires s’occupent, chacun en ce qui le concerne, de remplir avec zèle, dévouement et en amis de la chose publique, les devoirs que sa place lui impose.

Vous, vous pénétrerez aisément, citoyens, que la culture est le soutien des gouvernemens, parce qu’elle procure le commerce, l’aisance et l’abondance, qu’elle fait naître les arts et l’industrie, qu’elle occupe tous les bras, étant le mécanisme de tous les états ; et alors que chaque individu s’utilise, la tranquillité publique en est le résultat, les troubles disparaissent avec l’oisiveté qui en est la mère, et chacun jouit paisiblement du fruit de ses travaux.

Autorités civiles et militaires, voilà le plan qu’il faut adopter ; voilà le but qu’il faut atteindre ; c’est celui que je vais vous prescrire, et je promets de tenir la main à son exécution ; mon pays exige cette mesure salutaire ; les devoirs de ma place m’en imposent l’obligation, et la sûreté de la liberté l’exige impérieusement.

Mais, considérant que pour assurer la liberté sans laquelle l’homme ne peut être heureux, il faut que tous s’occupent utilement de manière à coopérer au bien public et à la tranquillité générale ;

Considérant que le militaire qui a des devoirs sacrés à remplir, puisqu’il est la sentinelle du peuple, qu’il est perpétuellement en activité, pour exécuter les ordres qu’il reçoit de son chef, soit pour maintenir la tranquillité intérieure, soit pour combattre les ennemis de la République au dehors, est essentiellement obéissant à ses chefs, — et qu’il importe que les gérans, conducteurs et cultivateurs qui ont également des chefs, se comportent comme les officiers, sous-officiers et soldats pour tout ce qui a rapport à leurs devoirs ;

Considérant que lorsqu’un officier, sous-officier ou soldat s’écarte de ses devoirs, il est traduit à un conseil de guerre, pour y être jugé et puni conformément aux lois de la République, parce que dans le service, on ne peut passer de faute pour tel grade que ce soit ; — les gérans, conducteurs et cultivateurs devant être également subordonnés à leurs chefs et assiduement attachés à leurs travaux, seront également punis, s’ils manquent à leurs devoirs ;