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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/211

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trahison. Dans le fait reproché aux quatre officiers, il y eut défection, abandonnement d’un parti pour un autre, et non pas trahison.

Nous insistons à cet égard, parce que nous verrons les mêmes faits se reproduire dans nos autres crises intestines, avec beaucoup de mérite pour leurs auteurs. Ainsi celui de Pétion, de Dessalines, de H. Christophe, de Clervaux, de Geffrard, etc., abandonnant l’armée française en 1802, changeant de parti politique, par conviction d’une meilleure cause à soutenir dans un camp opposé. Ainsi des défections nombreuses en faveur de la cause que soutenait Pétion, dans sa guerre contre H. Christophe.


À Aquin, T. Louverture reçut le serment de Gautier et du reste de la légion de l’Ouest, — d’être fidèle à la France, d’obéir à ses lois et de ne jamais prendre les armes contre elle. C’est ce qu’ils avaient entendu faire, en combattant à Jacmel et jusqu’à Saint-Louis. Ce beau corps, mutilé par la guerre, eut ordre d’aller par les Côtes-de-Fer et Baynet, à Jacmel, où ces braves purent contempler encore le théâtre de leurs exploits. Plus tard, ils passèrent à l’Arcahaie où ils entrèrent dans la 3e demi-brigade[1].

Le général en chef fit son entrée aux Cayes, le 13 thermidor (1er août). Il se rendit à l’église où le Te-Deum obligé fut chanté avec la pompe religieuse, entourée de la pompe militaire. Il monta en chaire, discourut comme à l’ordinaire, et proclama l’oubli du passé. Après cela, il

  1. La 3e demi-brigade est devenue depuis le 12 mars 1822, le 1er régiment d’infanterie d’Haïti, par un arrêté de Boyer, daté de la Véga. On peut donc dire que ce corps où entra le reste de la légion de l’Ouest, premier corps de troupes régulières formées dans le pays, suivit la destinée de cette fameuse légion.