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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/203

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et qu’on la forçât à s’expatrier. Dans une pareille circonstance, je ferai donc pour elle tout ce que je voudrais que l’on fît pour moi. Cette assurance de ma part devant, pour ses propres intérêts, le déterminer à partir seul, il n’a plus besoin du délai qu’il demande pour faire ses apprêts. S’il ne trouve pas dans le Sud un bâtiment prêt à mettre à la voile, offrez-lui de se rendre au Cap avec vous, auprès de l’agent, soit par mer, soit par terre ; je vous ferai fournir pour le voyage tout ce qu’il vous faudra, pour arriver sûrement et à bon port. Si, lorsqu’il sera rendu au Cap, il persiste à vouloir aller en France, il pourra partir avec le général Michel qui s’y rend par la voie des États-Unis, sur la frégate de cette nation (le Boston), sur laquelle le commodore lui a offert un passage. Si, au contraire, il préfère rendre à l’agent les comptes que le gouvernement exige de lui, il pourra le faire et sera certain, après sa soumission, de me voir adhérer avec plaisir à son retour dans le Sud, en qualité de général de brigade commandant sous mes ordres l’armée dudit département…

En attendant son départ, il est nécessaire qu’il s’occupe sans délai du son défaire retourner dans leurs quartiers respectifs et au sein de leurs familles, tous les habitans, propriétaires, cultivateurs et autres personnes des départemens du Nord et de l’Ouest réfugiés dans le Sud ; qu’il renvoie à Jacmel la légion de l’Ouest, officiers comme soldats, et dans leurs garnisons respectives, les militaires qu’il peut en avoir retirés…


Dans l’intervalle où la députation de Rigaud se rendait au Petit-Goave et en revenait aux Cayes, Dessalines, qui, avec son activité ordinaire, s’était rabattu du Petit-Trou sur Aquin, avait poussé son armée en avant et obligé les troupes du Sud à entrer à Saint-Louis. Il vint aussitôt contre cette ville, obtint la soumission de Lefranc, de Toureaux et de Gautier avec la légion de l’Ouest, ainsi que nous l’avons dit, dans les derniers jours de juillet. Il avança encore sur Cavaillon dont il s’empara.

Alors Rigaud expédia Bonnard, ex-administrateur à Jacmel, auprès de T. Louverture pour obtenir de lui qu’il donnât l’ordre à Dessalines de s’arrêter, afin qu’il ache-