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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/20

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Je suis prêt à vous donner tous les renseignemens que vous désirerez sur le département qui m’a été confié jusqu’à ce jour, heureux de pouvoir le remettre, sinon intact, mais dans un bon état, en comparaison des autres départemens et en raison des circonstances. Je vous réitère de nouveau mes instances pour me remplacer dans le commandement du Sud. Je ne saurai être heureux ni même vivre, si vous n’adhérez à ma demande. J’attendrai vos derniers ordres, citoyen agent, pour partir et me rendre au sein de ma famille : elle ne peut exister sans mes secours fraternels. »

Roume n’ayant pas répondu à cette lettre, dans la même journée du 6 février, Rigaud lui adressa la suivante :

« J’ai servi avec honneur et zèle la République française à Saint-Domingue. Le département du Sud qui m’avait été confié a été conservé autant qu’il a été en mon pouvoir de le faire. Je pense que vous serez content de l’état actuel des cultures, si vous allez faire votre tournée dans ce département ; vous vous en convaincrez par vous-même. L’état de ma mauvaise santé, le désir de faire place à d’autres militaires qui sont plus en état que moi de continuer le service, me portent à vous prier de recevoir ma démission. Je vous préviens, citoyen agent, que j’avais reçu l’ordre du général Hédouville de prendre le commandement du département du Sud, aux limites prescrites par la loi du 4 brumaire an 6. Vous prescrirez à celui qui doit me remplacer ce que vous aurez arrêté pour le plus grand avantage de la chose publique.

« Je demeurerai toute ma vie le défenseur ardent de la République française, à Saint-Domingue ou dans tout autre endroit sous le pouvoir national. Je serai toujours à vos ordres et à ceux des autres autorités supérieures, pour tous les renseignemens que mon expérience me met à