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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/147

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Christophe, s’établit de cette habitation à celle de Saint-Cyr, s’étendant vers la mer, à l’est. Jacmel se trouva cerné. Dessalines établit son quartier-général sur l’habitation Ménuissier, à peu de distance de ses troupes. Elles étaient considérables et bien commandées.

Dans la ville, les différons forts étaient commandés aussi par des officiers d’une valeur éprouvée : c’étaient Brunache, Bazelais, Gautier, Dupuche et Voltaire. Ogé commandait la réserve, composée des grenadiers et des chasseurs de la légion de l’Ouest, qui se tenaient sur la place d’armes pour secourir les points qui seraient attaqués. Mathieu Dougé, commandait toute la garde nationale. Pierre Fontaine, ancien aide de camp de Bauvais, commandait la place. Le quartier-général de Birot était au poste du gouvernement, à toucher la place d’armes, Mais il y avait peu de provisions à Jacmel : la famine était à prévoir.

Environ 4, 500 hommes se trouvaient assiégés par des forces quadruples. Tous les travaux de fortifications avaient été exécutés, même avec le concours des femmes qui rivalisèrent de zèle avec les soldats, en apportant les matériaux nécessaires. Les blancs seuls ne voulurent point s’y prêter : on les laissa dans leur indifférence et leur vœu pour le triomphe de l’ennemi. Un d’entre eux, cependant, un chirurgien nommé Dupéroy, ami particulier d’Ogé, offrit son concours durant tout le siège, pour trahir les assiégés sur sa fin.

Une huitaine de jours se passèrent en escarmouches entre les combattans. Mais durant ce temps, T. Louverture présidait à l’envoi, devant Jacmel, de toute l’artillerie nécessaire pour le siège, de toutes les munitions et des provisions. Des pièces du plus gros calibre franchirent