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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/137

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somptueux ! Quoi ! Delva, Fontaine, Frémont, M. Dougé, J. Cécile, J.-L. François, Octavius, Vendôme, Vaval, Pérou, G. Lafleur, M. Ambroise, Wagnac, Galant, ce noble David-Troy, tous ces braves noirs compris dans la même classe : toutes ces illustrations de notre pays n’étaient à ses yeux que des ambitieux difficiles à contenter !…

« D’une autre part, continue M. Madiou, Bauvais s’apitoyait sur l’aveuglement de la plupart des chefs noirs qui, subissant l’influence des colons, prêtaient leurs efforts, sans s’en douter, au rétablissement de l’ancien régime.  »

Non, telle n’était pas la situation. T. Louverture seul, restaurateur de cet ancien régime, lui seul s’aveuglait, subissait cette influence désastreuse ; mais les chefs noirs qui agissaient sous ses ordres, obéissaient passivement à son autorité violente, en vertu de la subordination militaire : tous pensaient à l’égard de son système politique, comme Moïse et Paul Louverture, qui furent également contraints d’obéir au général en chef reconnu par la métropole.

Nous n’étendrons pas plus loin cette discussion.

L’avenir des peuples dépend souvent de la manière dont on leur présente leur passé. S’ils portent un faux jugement sur les faits de leurs annales, sur les principes qui ont guidé leurs devanciers, leurs hommes politiques, ils subissent, malgré eux, l’influence de cette erreur, et ils sont exposés à dévier de la route qu’ils doivent suivre pour arriver à leur prospérité, à leur civilisation. C’est, par ces considérations que l’histoire est si utile, si instructive ; car elle est remplie d’enseignemens précieux.


Mais, disons une fois ce que devint Bauvais, après son départ de Jacmel.