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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/11

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engage à les chasser. C’est grandement vous abuser que de me croire capable de me prêter à aucun projet qui tendrait à l’abaissement et à l’asservissement des noirs, moi qui n’ai jamais cessé de combattre pour la liberté générale. »

Rigaud avait-il autre chose à répondre ? En 1793, n’avait-il pas accepté franchement cette liberté générale, n’avait-il pas déjà combattu les Anglais à Léogane[1], quand ils venaient rétablir l’esclavage, quand alors T. Louverture opérait dans le Nord et l’Artibonite, de nombreuses défections en faveur des Espagnols qui rétablissaient aussi l’esclavage ? Ce dernier n’agissait-il pas de concert avec les émigrés ?

Après cette réponse de Rigaud, T. Louverture lui ayant écrit de nouveau, il lui répondit encore, le 20 novembre : « L’agent Hédouville m’a autorisé à étendre mon commandement jusqu’à Léogane, qui est compris dans les limites du département du Sud, d’après la loi du 4 brumaire an 6 (25 octobre 1797) : j’ai notifié cette décision au général Laplume, pour couvrir ma responsabilité ; car il semble ne pas vouloir servir sous mes ordres[2]. Quant au départ de l’agent, le mal n’est pas sans remède. Maintenons la tranquillité dans le pays ; prouvons notre fidélité à la France, en chassant les émigrés : au nom de notre existence, montrez-vous jusqu’à la fin l’homme du gouvernement français. »

Rigaud avait enfin déclaré ce que T. Louverture désirait, sur la question du commandement du Sud. Certes,

  1. En novembre : il tenta vainement de leur enlever cette place.
  2. On se rappelle que le 5 juillet, Laplume avait demandé â Hédouville de réunir à son arrondissement, les places du Grand-Goave, Petit-Goave, etc. et que cet agent refusa.