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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/92

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« Que les colonies soient toujours françaises, au lieu d’être seulement américaines ; qu’elles soient libres, sans être indépendantes ; que leurs députés, appelés dans cette enceinte, y soient confondus avec ceux du peuple entier qu’ils seront chargés de représenter, qu’ils y délibèrent sur tous les intérêts de leur commune patrie, inséparables des leurs… Si, comme on vous l’a proposé, il existait dans les colonies des assemblées délibérantes, investies du droit dé prononcer sur tout ce qui pourrait tenir à leur législation intérieure, la France n’exercerait plus sur elles qu’une sorte de suzeraineté féodale… Admettre un pareil ordre de choses, ce serait organiser, sous un autre mode, l’indépendance dont nous avons parlé, et à laquelle vous ne saurez consentir.

Une administration de cinq membres investis de pouvoirs…, des municipalités dans chaque canton, des tribunaux judiciaires dans chaque département… achèveront de compléter le système de l’organisation des colonies.

L’état des citoyens est réglé par la constitution même, et vous n’y apporterez aucune exception ; s’il est permis d’en appliquer à des dispositions législatives, ce ne peut être qu’en faveur de la liberté des hommes. L’abolition de l’esclavage a été solennellement décrétée, et vous ne voudrez point la modifier ; c’était une conséquence de vos principes, un des résultats de votre révolution, et vous ne pouviez vous dispenser de les proclamer avec éclat : c’est le seul acte de justice que la tyrannie vous ait enlevé ; vous ne voudrez pas sans doute paraître moins attachés qu’elle à ces principes éternels qu’elle a su si peu respecter (la tyrannie de Robespierre, lequel ne voulait pas cependant donner la liberté aux noirs.) Rendre à tous les