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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/85

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n’en était pas de même au Môle, lieu dont les environs sont arides, ni à Saint-Marc, dans le voisinage de la plaine de l’Artibonite, où T. Louverture harcelait l’ennemi constamment.

Le major général Forbès ne tarda pas à remplacer A. Williamson. Il étendit la possession des Anglais, du Mirebalais à Las Caobas et à Banica, d’accord avec les Espagnols. Il put ainsi se procurer de nombreux bestiaux de la partie espagnole, pour la nourriture des troupes.


Telle était la situation des choses à Saint-Domingue, lorsque le comité de salut public fit présenter un rapport à la convention nationale par Defermon, représentant du peuple, le 25 messidor an 3 (13 juillet 1795). Le comité venait de recevoir les dépêches de Laveaux apportées par le chef de bataillon Bedos, envoyé sur la Musette.

En rendant compte des efforts faits par tous les chefs militaires qui, — «  privés des secours de la France et même des nouvelles de ce qui s’y passait… sont restés fidèles à leur patrie et ont combattu pour elle, » — le comité signalait chacun d’eux par les faits honorables qui les distinguaient. Il faisait valoir la prise de Léogane et de Tiburon par Rigaud, l’importance de la soumission de T. Louverture à la République française : « C’est un militaire intrépide et subordonné, c’est un chef entreprenant. Il sait se concilier l’affection des noirs, des blancs, des hommes de couleur qui sont dans sa petite armée. Il sait faire respecter les propriétés, et rien n’est plus propre que sa conduite pour détruire les préjugés élevés contre les hommes de sa couleur. »

Tous ces éloges étaient mérités. Mais nous remarquons qu’à l’égard de Villatte, également intrépide et bon mili-