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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/84

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port des Gonaïves : il put ainsi se procurer de la poudre et du plomb. Nous avons sous les yeux plusieurs de ses lettres à Laveaux, qui attestent ce que nous disons ici.

Dans la circonscription du Port-de-Paix, dans celle du Cap, il en fut de même par les soins de Laveaux et de Villatte. Cependant on n’a point songé à accuser ces deux officiers, Laveaux et T. Louverture, d’actes arbitraires à l’égard des noirs. Le moment viendra où nous en dirons les motifs.


Dès le mois d’avril, des renforts de troupes européennes étaient arrivés aux Anglais, au Port-au-Prince. Adam Williamson, nommé gouverneur général de Saint-Domingue par le roi de la Grande-Bretagne, y arriva au mois de mai : il releva le général Horneck. C’est par ses ordres que de nombreuses fortifications, des blockaus furent établis sur divers points de l’intérieur, tant dans la partie de l’Ouest occupée par les Anglais, que dans le quartier de la Grande-Anse. Ce système de défense était fort bien entendu de la part de ces ennemis qui ne pouvaient guères entreprendre de conquérir d’autres portions de territoire. Williamson dut même acheter des colons un certain nombre d’esclaves pour en faire des soldats et renforcer les corps déjà organisés.

Au moyen de ces mesures militaires, la plaine du Cul-de-Sac et celle de l’Arcahaie furent on ne peut mieux cultivées. Lapointe se distingua sous ce rapport ; mais il joignit aussi une sévérité à l’égard des esclaves, qui allait souvent jusqu’à la férocité. Il va sans dire que le commerce anglais florissait dans les ports soumis à la Grande-Bretagne. Le Port-au-Prince, l’Arcahaie et Jérémie jouissaient de l’abondance : l’or était répandu à profusion. Il