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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/62

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La valeur dont certains officiers donnaient des preuves réitérées sur le champ de bataille, nécessitait aussi des récompenses militaires : les grades en étaient la plus précieuse. Aussi bien, on ne fait pas une guerre continuelle sans organisation de troupes. Déjà, au Cap, existaient trois régimens organisés : le premier sous les ordres d’un blanc nommé Rodrigue ; le deuxième sous ceux de Pierre Michel ; le troisième sous ceux de B. Léveillé, deux colonels noirs. Ces trois corps désignés sous les nos 1 er, 2e et 3e, étaient sous les ordres immédiats de Villatte, colonel lui-même. Une question était à résoudre alors : fallait-il donner aux quatre régimens dont T. Louverture demandait l’organisation, des numéros qui suivissent l’ordre commencé au Cap ? Commandant en chef le cordon de l’Ouest, plus important que le commandement déféré à Villatte, T. Louverture, qui avait le titre et le rang de général lorsqu’il fit sa soumission, ne pouvait pas déchoir : en créant ces quatre corps, il leur donna les nos 1er, 2e, 3e et 4e ; mais il demanda à Laveaux le commandement du 1er : c’était se donner l’apparence d’une grande modestie. Laveaux consentit à ce qu’il n’aurait pu empêcher. L’organisation se compléta par l’instruction militaire que T. Louverture fit donner à ses soldats, par des soldats européens du régiment de Dillon qu’il avait faits prisonniers. Ces troupes arrivèrent bientôt à un maniement parfait de leurs armes. Quant à la discipline, nous n’avons pas besoin de dire que sous un tel chef, elle ne pouvait être que très-régulière.

Cette organisation avait eu lieu vers le 25 juillet. Le 28, Christophe Mornet et Valleray, furent envoyés par T. Louverture prendre possession du bourg et du canton du Mirebalais, en en chassant les Espagnols qui se réfugièrent